
Damien Carquillat
Peintures à l’huile figuratives
Entre deux espaces, entre songe et réalité, à la frontière du réalisme et de l’abstraction, du mouvement et de l’inertie, dans une atmosphère d’irréalité. Ces peintures à l’huile figuratives représentent des corps, des personnages, seuls, face à eux-mêmes, dans un repli intérieur.
Entre songe et réalité
Un mélange d’images qui nous apparaissent pendant le sommeil, le presque réveil. Cet instant où notre esprit, focalisé sur ses pensées, laisse notre corps un temps de côté. La manière dont les corps sont représentés, leurs fragmentations, dématérialisations, exprime cette mise de côté.
Ici, la solitude n’est pas subie. C’est un repli, une réflexion, un moment d’ennui. L’ennui peut-être un départ à l’imagination. Sa représentation vient en contrepoint du monde actuel dans lequel nous perdons cette capacité d’ennui, la sollicitude étant omniprésente.
Entre deux espaces
Il y a ce que nous voyons sur les toiles, ici, elles ne retracent pas un récit linéaire, chacun peut s’y raconter l’histoire de ces personnages. Ainsi, la place est laissée à l’interprétation.
Deux espaces, celui de l’image figée sur la toile appelant celui situé hors-champ – le lieu de notre interprétation – l’objet du songe.Entre réalisme et abstraction
La limite entre ces deux aspects est recherchée : le travail artistique consiste en des touches picturales, tantôt intuitives, tantôt attentives à la représentation du réel. Ces touches se superposent par couches de couleurs plus ou moins transparentes laissant entrevoir les précédentes.
Parcours
Damien Carquillat, artiste autodidacte né à Toulouse en 1979.
A partir de 2012, il pratique le croquis sur le vif et le dessin (encre et aquarelle) dans les rues de Toulouse en s’inscrivant dans le mouvement «Urban Sketchers».
Rapidement, il se tourne vers la peinture à l’huile en réalisant des intérieurs, paysages de nature et urbains.
Depuis 2017, son travail s’axe essentiellement sur la représentation figurative du corps.Ses personnages évoluent dans différents espaces, à la frontières du réalisme et de l’abstraction.
Il développe depuis la technique de superposition de couches d’huile plus ou moins transparentes, laissant apparaître les couches inférieures. La plupart des peintures sont réalisées sur panneaux de bois apprêtés de façon lisse afin de restituer un éclat dans les couleurs.
Son goût pour le travail du bois l’amène à réaliser les encadrements de ses œuvres.
Instagram: @damien_carquillat_painter
e-mail: damiencarquillat@yahoo.fr
Nathalie CAPELLE
Lorsque je prends dans mes mains une écorce, je capte le message qu’elle me délivre, parfois c’est une évidence, parfois cela nécessite de la tourner, de la reposer, d’y revenir plus tard.
Quand l’image apparaît, je me pose en tant que coloriste et je laisse venir le pinceau épouser les creux, les bosses. Une écorce de platane recèle un monde à elle seule. La parcourir de mes couleurs est un vrai moment de grâce. Poétique devient l’acte de peindre. Tout y est possible : bestiaire animalier ; de la terre, de la mer ou des airs ; représentations mythologiques ; personnages, réels ou fantasmagoriques ; et plus… jusqu’aux cartoons !
J’aime souligner les excroissances, suivre l’ourlet d’une crête. Ma peinture se veut précise, délicate, juste. Si de la mousse a élu domicile sur une écorce, je la laisse et avec bonheur elle ira rajouter du charme, du relief à la statuette.
Je ne modifie pas l’écorce cueillie, je fais avec ce qu’elle m’offre. La perfection m’importe peu. Ainsi, l’étranger qui regarde verra différemment que moi. C’est d’ailleurs, la magie de l’œuvre, chacun va y projeter ce qu’il est : sa sensibilité, son histoire, sa culture, son imaginaire, sa part d’enfance, son inconscient. Le regard sera pluriel.
Je laisse l’arrière de mes sculptures brutes, il n’en est pas moins beau. Il est une ombre, une silhouette qui donne à la figurine, un recto-verso humanisant. La statuette vie quel que soit le sens. L’effet suspendu de l’écorce sur son axe, offre une singularité qui m’émeut.
Je ne sais pas comment définir ce que je crée. Je ne suis pas une artiste, je n’ai aucune formation dans ce sens. Est-ce de l’art brut ou naïf ? En fait peu importe, ce qui est sûr c’est que la création est une aventure sublime. C’est un espace-temps particulier où mon imaginaire chemine, où mon pinceau s’anime, où mon cœur s’apaise. Où cela va-t-il me mener alors que j’entame la dernière partie de ma vie ?
Mon expérience d’infirmière et de thérapeute psychocorporel vient de manière subtile éclairer cette pratique. Les méandres du corps, la profondeur de l’inconscient, je connais, peut-être cette expertise transparait-elle dans mes œuvres ?
L’aventure me tente, j’ai maintes fois dans le passé osé braver la nouveauté, une fois encore, en avant toute !
Jean-Philippe ESTEBENET
Mon approche de la peinture s’effectue plus avec un ressenti de musicien que comme un véritable plasticien.
En empruntant les passerelles existantes entre ces disciplines, ma sensibilité s’exprime sous la forme de ce qui va plutôt ressembler à une partition de couleurs. Finalement, lorsque je jouais de la musique, je peignais déjà, sans le savoir.Ayant effectué des recherches, lors de mes études universitaires, sur le rôle du hasard dans la composition artistique, cette notion s’est intégrée tout naturellement à ma démarche de travail, et en est devenue un instrument de création privilégié.
Je vais ainsi projeter sur la toile ce qui va devenir une première ébauche, irraisonnée, chaotique, qui sera par la suite réorganisée, afin de créer un univers pictural où subjectivité et éléments aléatoires vont cohabiter pour constituer le langage qui l’animera.Partir toujours à la recherche de l’inconnu pour se rapprocher un peu plus de soi-même…